Les pharmaciens d'officine et les biologistes médicaux libéraux cotisent à la CAVP. Son régime complémentaire a une singularité : une part en capitalisation. Mais côté prévoyance, une lacune importante concerne les arrêts de travail courts. Pour un titulaire d'officine souvent endetté, c'est un point décisif.

Un pharmacien rachète son officine à crédit. Le jour d'un arrêt, sa caisse ne verse rien sur les premiers mois : c'est l'emprunt qui continue.

Qui cotise à la CAVP ?

L'affiliation est obligatoire pour les pharmaciens d'officine, les biologistes médicaux libéraux, les pharmaciens conseil ou enseignants libéraux et les conjoints collaborateurs, en nom propre comme en société. Les cotisations de retraite de base et d'invalidité-décès sont exonérées durant les douze premiers mois.

La caisse gère la retraite de base, un régime complémentaire mixte, les prestations complémentaires de vieillesse pour les biologistes conventionnés, et l'invalidité-décès.

Une retraite complémentaire en partie par capitalisation

C'est la singularité de la CAVP : son régime complémentaire combine une part par répartition, financée par cotisation forfaitaire, et une part par capitalisation, qui constitue un capital converti en rente viagère au moment du départ. C'est une particularité rare parmi les régimes des professions libérales.

La part par capitalisation expose à un rendement qui peut varier d'une année sur l'autre, contrairement à un régime par points classique. La retraite de base, elle, suit le mécanisme commun décrit dans notre guide du régime de base.

Arrêt, invalidité, décès : ce que verse la CAVP

Point crucial : la CAVP ne couvre pas les arrêts de travail courts. Depuis 2021, seules les indemnités journalières plafonnées de l'Assurance Maladie interviennent, après trois jours de carence. La caisse n'ajoute rien sur cette période.

En cas d'invalidité, une allocation annuelle de l'ordre de 16 700 € est versée en 2025, complétée pour les enfants et le conjoint. En cas de décès, un capital d'environ 25 000 € va au conjoint survivant, avec une rente de conjoint et une rente d'éducation par enfant. La réversion de base est soumise à conditions de ressources.

Les angles morts à connaître

L'angle mort principal est clair : l'absence de couverture des arrêts courts par la CAVP. Pour un titulaire d'officine, un arrêt de quelques semaines ou mois ne déclenche que les indemnités plafonnées de l'Assurance Maladie, très en deçà du revenu et des charges.

S'ajoutent une réversion de base sous conditions de ressources strictes, et une part de retraite en capitalisation au rendement variable. Pour un pharmacien endetté pour le rachat de son fonds, la question de la couverture d'arrêt et de la garantie d'emprunt est prioritaire.

Ce que le cabinet construit en complément

Un pharmacien qui a racheté son officine à crédit a deux priorités absolues : un revenu de remplacement dès les premiers jours d'arrêt, que sa caisse ne verse pas, et une garantie qui sécurise son emprunt en cas de coup dur.

Le cabinet construit une prévoyance qui couvre l'incapacité dès le départ, renforce l'invalidité et le décès, et articule le tout avec une assurance emprunteur calibrée sur le crédit professionnel. Côté retraite, une épargne dédiée stabilise un complémentaire en partie soumis aux marchés. Tout part d'un audit social et patrimonial.

Ce qu'il faut retenir

La CAVP a un régime de retraite original, en partie par capitalisation, mais ne couvre pas les arrêts de travail courts, laissés aux seules indemnités plafonnées de l'Assurance Maladie. Pour un titulaire d'officine endetté, c'est le point à traiter en priorité.

Sécuriser l'arrêt, l'emprunt et la retraite de façon cohérente est le travail du cabinet. Le lien vers la CAVP figure sur la page principales caisses.