Avant-propos
Lire la fiscalité 2026 sans s'y perdre
Revenus, épargne, patrimoine, transmission : l'impôt touche chacun de ces domaines. Ce guide en donne les repères, à jour pour 2026.
Les montants, taux et règles réunis ici reflètent la fiscalité applicable en 2026 pour les résidents fiscaux français, telle qu'elle ressort des budgets de l'État et de la Sécurité sociale pour l'année. Le législateur peut les faire évoluer en cours d'année.
Le cabinet vous rend la matière lisible : ce qui change, ce qui s'applique à votre épargne, à votre immobilier, à ce que vous transmettrez. Votre déclaration et votre conseil personnalisé gardent toute leur place. Chaque chiffre cité est un ordre de grandeur de référence, à confirmer au regard de votre situation.
Ce qui change
Les nouveautés 2026
Quelques évolutions structurantes à retenir avant d'entrer dans le détail.
- Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) s'établit à 48 060 € pour 2026. Il sert de référence à de nombreuses limites, notamment celles de déduction de l'épargne retraite.
- Le barème de l'impôt sur le revenu (revenus 2025) est revalorisé d'environ 0,9 %, au titre de l'inflation.
- La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), qui garantit une imposition minimale, est prorogée au-delà de 2025.
- Sur un PER, les versements volontaires d'un titulaire de 70 ans ou plus ne sont plus déductibles depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 ; en contrepartie, le plafond de déduction inemployé se reporte désormais sur 5 ans (au lieu de 3).
- Les dons aux associations qui aident les personnes en difficulté sont réduits d'impôt à hauteur de 75 % jusqu'à 2 000 € versés par an, le double de la limite antérieure.
- Un nouveau dispositif locatif, le « statut du bailleur privé » (dit Jeanbrun), remplace l'esprit du Pinel par un amortissement déductible.
- Le pacte Dutreil voit son engagement individuel de conservation porté à 6 ans, et exclut désormais les biens « somptuaires ».
Impôt sur le revenu
Comprendre son impôt sur le revenu
Deux taux résument votre situation : le taux moyen, part de l'impôt dans vos revenus, et le taux marginal, celui qui frappe votre dernier euro gagné.
Le taux marginal (0, 11, 30, 41 ou 45 %) mesure le coût fiscal d'un revenu ou d'un investissement supplémentaire ; le taux moyen, lui, traduit la pression réelle sur l'ensemble des revenus. À titre d'illustration, un célibataire déclarant 45 000 € de revenu net imposable supporte un taux moyen d'environ 14,8 % alors que son taux marginal atteint 30 %.
| Fraction du revenu imposable | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| 11 601 € → 29 579 € | 11 % |
| 29 580 € → 84 577 € | 30 % |
| 84 578 € → 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Quotient familial et abattements
- Avantage plafonné à 1 807 € par demi-part, soit 904 € pour un quart de part.
- Rattachement d'un enfant majeur : avantage plafonné à 6 855 €.
- Frais professionnels des salariés : abattement de 10 %, plafonné à 14 555 € (plancher 509 €).
- Pensions : abattement de 10 %, plafonné à 4 439 € par foyer (plancher 454 €).
Recouvrement
Le prélèvement à la source
L'impôt est prélevé à mesure que le revenu est perçu, par retenue pour les salaires et pensions, par acompte pour les autres revenus.
Sont retenus à la source les traitements, salaires, pensions et allocations ; font l'objet d'acomptes mensuels ou trimestriels les revenus fonciers, ceux des indépendants (BIC, BNC, BA) et les pensions alimentaires. Les revenus mobiliers et les plus-values, eux, restent hors du dispositif, du fait de leurs règles propres.
Depuis septembre 2025, le taux des couples mariés ou pacsés est, par défaut, individualisé selon les revenus de chacun ; le taux commun du foyer reste possible sur option. Le taux peut être modulé à tout moment en cas de variation de revenus (sous réserve d'un écart d'au moins 5 % à la baisse) et dans les 60 jours après un changement de situation de famille.
Leviers
Réductions et crédits d'impôt
Un crédit d'impôt se rembourse même sans impôt à payer ; une réduction ne joue que dans la limite de l'impôt dû.
Les principaux crédits
- Emploi d'un salarié à domicile : 50 % des dépenses, retenues jusqu'à 12 000 € (majorations possibles, plafond porté à 15 000 € la première année), avec des sous-plafonds (bricolage 500 €, informatique 3 000 €, jardinage 5 000 €).
- Garde hors domicile d'un enfant de moins de six ans : 50 % des dépenses, retenues jusqu'à 3 500 € par enfant, soit au plus 1 750 € par enfant.
- Souscription de parts de groupements forestiers : 25 % du prix, retenu jusqu'à 6 250 € (personne seule) ou 12 500 € (couple).
Les principales réductions
| Entreprise visée | Taux de réduction |
|---|---|
| PME classique | 18 % |
| Foncière solidaire (SFS) ou entreprise solidaire (ESUS) | 25 % |
| Jeune entreprise innovante (JEI) | 30 % |
| JEI à impact | 40 % |
| JEI de croissance (R&D > 30 % des charges) | 50 % |
- FIP (Corse ou outre-mer) et FCPI investis en jeunes entreprises innovantes : 30 % des versements. Le FCPI « classique », lui, ne procure plus aucun avantage.
- SOFICA (cinéma et audiovisuel) : entre 30 % et 48 % de l'investissement.
- Dispositifs Girardin outre-mer : de 18 % (logement) à 45-63 % (industriel) ou 50 % (social).
- Dons aux associations qui aident les personnes en difficulté : 75 % jusqu'à 2 000 € versés par an, puis 66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable.
Le plafonnement des niches
L'avantage total tiré de la plupart des dispositifs est plafonné à 10 000 € par foyer et par an, relevé de 8 000 € pour l'outre-mer et les SOFICA. Échappent à ce plafond, notamment, les dons, les régimes Malraux et monuments historiques, le statut du bailleur privé (Jeanbrun) et la souscription au capital de jeunes entreprises innovantes.
Hauts revenus
Les contributions sur les hauts revenus
Au-delà de l'impôt sur le revenu, deux contributions visent les revenus fiscaux de référence élevés : la CEHR et la CDHR.
La contribution exceptionnelle (CEHR) s'applique dès que le revenu fiscal de référence franchit 250 000 € pour une personne seule, 500 000 € pour un couple. Son taux est de 3 % puis 4 % par fractions.
| Situation | 3 % | 4 % |
|---|---|---|
| Personne seule | 250 001 € → 500 000 € | au-delà de 500 000 € |
| Couple (imposition commune) | 500 001 € → 1 000 000 € | au-delà de 1 000 000 € |
La contribution différentielle (CDHR) garantit, pour ces mêmes contribuables, une imposition minimale de l'ordre de 20 % de leur revenu fiscal de référence « retraité ». Elle ne se déclenche que si l'imposition réelle (impôt sur le revenu + CEHR) reste inférieure à ce seuil, et vient combler la différence. Un acompte est dû en décembre.
CSG & co
Les prélèvements sociaux
Sur le patrimoine et les placements, ils atteignent 17,2 % ou 18,6 % selon la nature du revenu, une distinction nouvelle à connaître.
Sur les revenus du travail et de remplacement, la CSG s'élève à 9,2 % (8,3 % sur les pensions, avec des taux réduits possibles selon le revenu de référence). Sur le patrimoine et les placements, la hausse de la CSG porte désormais le taux global à 18,6 % pour une partie des revenus, quand d'autres restent à 17,2 %.
| Nature du revenu | Taux |
|---|---|
| Revenus fonciers (location nue) | 17,2 % |
| Plus-values immobilières des particuliers | 17,2 % |
| Location meublée (BIC non professionnels) | 17,2 % |
| Produits d'assurance-vie et de capitalisation | 17,2 % |
| Intérêts des PEL et CEL | 17,2 % |
| Dividendes et plus-values mobilières | 18,6 % |
| Gain retiré ou clôture d'un PEA | 18,6 % |
| Épargne salariale et produits du PER | 18,6 % |
Épargne
La fiscalité de l'épargne financière
Revenus et plus-values de placements relèvent en principe du prélèvement forfaitaire unique, la « flat tax », sauf régimes propres.
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) combine 12,8 % d'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, soit 31,4 % (ou 30 % lorsque les prélèvements sociaux restent à 17,2 %). On peut lui préférer, sur option globale annuelle, le barème progressif, pertinent surtout pour les foyers faiblement imposés, et qui ouvre droit à l'abattement de 40 % applicable aux dividendes.
Épargne réglementée
Les intérêts du Livret A, du LDDS, du Livret Jeune et du Livret d'épargne populaire sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux. Pour les PEL et CEL ouverts depuis 2018, les intérêts sont soumis à 12,8 % (ou au barème sur option) ; ceux ouverts avant 2018 restent exonérés d'impôt sur leurs douze premières années. Les prélèvements sociaux (17,2 %) s'appliquent.
Revenus de capitaux mobiliers
Dividendes et intérêts subissent d'abord un prélèvement à la source de 12,8 % (acompte non libératoire), régularisé à la déclaration. Les foyers dont le revenu de référence est modeste peuvent en être dispensés, sur attestation produite avant le 30 novembre : sous 25 000 € (seul) ou 50 000 € (couple) pour les intérêts, sous 50 000 € ou 75 000 € pour les dividendes.
Céder ses titres : la plus-value
Imposables au PFU, ou au barème sur option. Pour les titres acquis avant 2018, l'option pour le barème ouvre les abattements liés à la durée de détention (sans effet sur les prélèvements sociaux). Un abattement fixe de 500 000 € profite au dirigeant qui cède sa PME en partant à la retraite ; il ne se cumule pas avec ceux liés à la durée de détention.
| Durée de détention | Régime de droit commun | Régime renforcé PME (< 10 ans) |
|---|---|---|
| Moins de 1 an | 0 % | 0 % |
| 1 à 4 ans | 0 % | 50 % |
| 2 à 8 ans | 50 % | 65 % |
| Plus de 8 ans | 65 % | 85 % |
PEA, PEA-PME et PEAC
- PEA : versements plafonnés à 150 000 € ; PEA-PME à 225 000 €, le total des deux ne pouvant dépasser 225 000 €.
- Au-delà de 5 ans, les gains échappent à l'impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux de 18,6 % restant dus) ; avant ce cap, ils subissent 12,8 %, et tout retrait entraîne en principe la clôture.
- Le plan d'épargne avenir climat (PEAC), réservé aux moins de 21 ans, plafonné à 22 950 €, est exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux et se clôture au plus tard à 30 ans.
Assurance-vie
L'assurance-vie, fiscalité des rachats
Seule la part d'intérêts comprise dans un rachat est taxée. Au fil du temps, le contrat gagne en douceur fiscale.
Après huit ans de détention, un abattement annuel s'applique sur les produits retirés : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple en imposition commune, quelle que soit l'option fiscale retenue. Les prélèvements sociaux sont prélevés à la source sur le fonds en euros (chaque année) et au rachat sur les unités de compte.
| Antériorité du contrat | Impôt sur les gains |
|---|---|
| Moins de 8 ans | 12,8 % (ou barème) + prélèvements sociaux 17,2 % |
| Plus de 8 ans, primes ≤ 150 000 € | 7,5 % (ou barème) après abattement + 17,2 % |
| Plus de 8 ans, primes > 150 000 € | 7,5 % jusqu'à 150 000 €, 12,8 % au-delà + 17,2 % |
Retraite
L'épargne retraite et le PER
Le plan d'épargne retraite se décline en trois formes, alimentées par trois compartiments. C'est le type de versement qui commande la fiscalité, à l'entrée comme à la sortie.
- PER individuel : ouvert à tous (salarié, indépendant, retraité, sans emploi).
- PER d'entreprise collectif : facultatif, alimenté notamment par l'épargne salariale et l'abondement.
- PER d'entreprise obligatoire : versements obligatoires de l'employeur et du salarié.
La déduction à l'entrée
Les versements volontaires se déduisent du revenu, l'avantage croît avec la tranche d'imposition. Pour un versement en 2026, la déduction du revenu global est limitée à 10 % des revenus d'activité 2025, avec un plancher de 4 710 € et un plafond de 37 680 €. Les indépendants disposent d'un cadre plus large sur leur revenu catégoriel : 10 % du bénéfice (plafonné à 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, soit jusqu'à environ 88 911 €.
- Depuis 2026, le plafond de déduction non consommé se reporte sur 5 ans (contre 3 auparavant), et les conjoints peuvent mutualiser leurs plafonds.
- Depuis 2026, les versements d'un titulaire de 70 ans ou plus ne sont plus déductibles.
- On peut renoncer à la déduction à l'entrée (choix irrévocable au versement) : la fiscalité de sortie en est allégée.
La sortie
La sortie intervient au plus tôt à la liquidation de la retraite ou à l'âge légal, au choix en capital, d'un coup ou par fractions, en rente viagère, ou les deux. Pour les versements déduits à l'entrée, le capital correspondant aux versements est imposé au barème, les gains au PFU ; la rente est imposée comme une rente à titre gratuit. Une rente de faible montant (moins de 110 € par mois) peut être versée en capital.
Immobilier
Les impôts locaux du propriétaire
Taxe foncière, taxe d'habitation des résidences secondaires, taxes sur la vacance : la détention immobilière a ses charges annuelles.
La taxe foncière, assise sur la valeur locative cadastrale et les taux votés localement, est due par le propriétaire au 1ᵉʳ janvier. Des exonérations existent (constructions neuves, travaux d'économie d'énergie supérieurs à 10 000 €…). La taxe d'habitation ne subsiste que sur les résidences secondaires, avec une majoration possible de 5 % à 60 % en zone tendue.
Les logements inoccupés peuvent être frappés d'une taxe sur la vacance : de l'ordre de 17 % la première année puis 34 % de la valeur locative en zone tendue. À partir de 2027, une taxe unique sur la vacance des logements remplacera les dispositifs actuels.
Une déclaration d'occupation de chaque bien à usage d'habitation doit être effectuée chaque année avant le 1ᵉʳ juillet ; c'est d'elle que découlent les avis de taxe foncière, de taxe d'habitation et de taxe sur la vacance.
Immobilier
Passoires thermiques et aides à la rénovation
Le calendrier d'interdiction de louer les logements énergivores se resserre, tandis que les aides à la rénovation se réorganisent.
- Le loyer d'un logement classé F ou G est gelé : il ne peut plus être révisé.
- Location interdite : classe G depuis 2025, classe F à partir de 2028, classe E à partir de 2034.
- Le DPE, diagnostic de performance énergétique, est valable 10 ans ; sa méthode de calcul a évolué au 1ᵉʳ janvier 2026, devenue plus clémente pour les logements à chauffage électrique.
MaPrimeRénov' demeure l'aide principale, selon trois parcours : « par geste » (un ou plusieurs travaux), « rénovation d'ampleur » (gain d'au moins deux classes sur un logement de plus de 15 ans) et « copropriété ». S'y ajoutent l'éco-prêt à taux zéro, le prêt à taux zéro, les certificats d'économies d'énergie, une TVA réduite à 5,5 % sur certains travaux et, pour adapter le logement au grand âge ou au handicap, MaPrimeAdapt' (de 50 % à 70 % du coût des travaux, selon les revenus).
Immobilier
Les dispositifs locatifs
Le Pinel a tiré sa révérence ; un nouveau régime d'amortissement prend le relais, aux côtés des dispositifs patrimoniaux historiques.
Le statut du bailleur privé (Jeanbrun)
Pour un logement neuf ou lourdement rénové, loué nu en résidence principale à loyer abordable pendant au moins 9 ans, ce dispositif autorise la déduction d'un amortissement du revenu foncier, et n'entre pas dans le plafond des niches. L'amortissement porte sur 80 % du prix, à un taux annuel de 3,5 % à 5,5 % selon le niveau social du loyer, plafonné de 8 000 € à 12 000 € par an.
| Dispositif | Avantage | Engagement | Plafond des niches |
|---|---|---|---|
| Bailleur privé (Jeanbrun) | Amortissement déductible | 9 ans | Hors plafond |
| Denormandie (ancien à rénover) | Réduction de 12 % à 18 % | 6 à 9 ans | Soumis (10 000 €) |
| Loc'Avantages | Réduction de 15 % à 65 % | 6 ans | Soumis (10 000 €) |
| Malraux (secteur sauvegardé) | Réduction de 22 % ou 30 % | , | Hors plafond |
| Monument historique | Déduction du revenu global | 15 ans | Hors plafond |
Le dispositif Malraux porte sur 22 % ou 30 % des travaux de restauration, retenus jusqu'à 400 000 € sur quatre ans. Le régime des monuments historiques permet de déduire les travaux du revenu global sans plafond, contre un engagement de conserver le bien quinze ans. Enfin, les parts de SCPI donnent des revenus fonciers, et la nue-propriété (démembrement temporaire) permet de préparer l'avenir en réduisant l'assiette taxable.
Immobilier
Imposer ses revenus locatifs
Tout dépend du meublé ou du nu : revenus fonciers d'un côté, bénéfices industriels et commerciaux de l'autre.
Location nue : revenus fonciers
En dessous de 15 000 € de loyers bruts annuels, le régime micro-foncier applique un abattement forfaitaire de 30 %. Au-delà, ou sur option, le régime réel permet de déduire les charges effectives (intérêts d'emprunt, travaux, taxe foncière, assurances…). Un déficit foncier s'impute sur le revenu global à hauteur de 10 700 € par an, porté à 21 400 € lorsqu'il provient de travaux de rénovation énergétique sortant un bien des classes E, F ou G, le surplus étant reportable sur les revenus fonciers des dix années à venir.
Location meublée : BIC
La location meublée relève des bénéfices industriels et commerciaux. Le micro-BIC offre un abattement de 50 % (jusqu'à environ 77 700 € de recettes, seuil relevé vers 83 600 €) pour une résidence principale ou un meublé de tourisme classé, et de 30 % (jusqu'à 15 000 €) pour un meublé de tourisme non classé. Le régime réel, lui, autorise la déduction des charges et l'amortissement du bien.
Immobilier
Les plus-values immobilières
Imposées à 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, elles s'effacent avec le temps de détention.
L'abattement lié à la durée de détention efface l'impôt sur le revenu au bout de 22 ans, et les prélèvements sociaux au bout de 30 ans. La résidence principale est exonérée, de même qu'une cession inférieure à 15 000 € ou, sous conditions, la première vente d'un logement destinée à financer son habitation principale.
| Durée de détention | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Jusqu'à 5 ans | Aucun abattement | Aucun abattement |
| 6 à 21 ans | + 6 % par an | + 1,65 % par an |
| 22 ans | Exonération | Encore partielle |
| 30 ans | Exonération | Exonération |
La plus-value s'obtient en retranchant du prix de vente (net de frais de cession) un prix de revient : le prix d'achat, augmenté d'un forfait de 7,5 % pour frais d'acquisition et, passé 5 ans de détention, de 15 % pour travaux. Au-delà de 50 000 € de plus-value nette, une taxe additionnelle de 2 % à 6 % s'ajoute.
Patrimoine
L'impôt sur la fortune immobilière
L'IFI vise les foyers dont le patrimoine immobilier net dépasse 1 300 000 € au 1ᵉʳ janvier. Les actifs financiers en sont exclus.
Seuls les biens et droits immobiliers entrent dans l'assiette, sous réserve d'exonérations (biens professionnels, bois et forêts sous conditions…). La résidence principale possédée en direct bénéficie d'une décote de 30 %. Les dettes afférentes aux biens imposables sont déductibles, avec un encadrement des prêts in fine et des prêts familiaux.
| Fraction de la valeur nette taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 800 000 € | 0 % |
| 800 001 € → 1 300 000 € | 0,5 % |
| 1 300 001 € → 2 570 000 € | 0,7 % |
| 2 570 001 € → 5 000 000 € | 1 % |
| 5 000 001 € → 10 000 000 € | 1,25 % |
| Au-delà de 10 000 000 € | 1,5 % |
Transmission
Transmettre par l'assurance-vie
Hors succession, l'assurance-vie reste l'outil de transmission le plus souple, avec une fiscalité qui dépend de l'âge aux versements.
| Primes versées | Imposition au décès |
|---|---|
| Avant 70 ans | 152 500 € d'abattement par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 €, 31,25 % au-delà (art. 990 I) |
| Après 70 ans | 30 500 € d'abattement global (tous bénéficiaires confondus) puis droits de succession sur les primes ; les gains restent exonérés (art. 757 B) |
Le conjoint ou le partenaire de PACS bénéficiaire est exonéré. Le contrat de capitalisation, lui, est privé de cette fiscalité décès et rejoint l'actif successoral comme tout placement.
Transmission
Donations et successions
Réserve héréditaire, abattements renouvelables, barèmes par lien de parenté, démembrement : la transmission se prépare de son vivant.
Le défunt ne peut déshériter ses enfants : une part, la réserve héréditaire, leur revient (la moitié avec un enfant, deux tiers avec deux, trois quarts au-delà), le solde restant librement disponible. Les transmissions sont ensuite soumises aux droits de mutation, après abattements.
| Lien de parenté | Abattement |
|---|---|
| Conjoint / partenaire de PACS | Succession exonérée · 80 724 € en donation |
| Enfant (par parent, par enfant) | 100 000 € |
| Petit-enfant | 31 865 € en donation · 1 594 € en succession |
| Frère ou sœur | 15 932 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € |
| Personne en situation de handicap | 159 325 € (cumulable) |
| Fraction taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| 8 072 € → 12 109 € | 10 % |
| 12 109 € → 15 932 € | 15 % |
| 15 932 € → 552 324 € | 20 % |
| 552 324 € → 902 838 € | 30 % |
| 902 838 € → 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
- Un don familial de somme d'argent est exonéré jusqu'à 31 865 €, cumulable avec les abattements généraux (donateur de moins de 80 ans, bénéficiaire majeur).
- Jusqu'au 31 décembre 2026, une exonération renforcée (jusqu'à 100 000 € par donateur et 300 000 € par bénéficiaire) s'applique aux dons affectés à l'achat ou la rénovation énergétique d'une résidence principale.
- Les donations consenties depuis plus de 15 ans ne se rapportent plus fiscalement : l'abattement se reconstitue pleinement.
Le pacte Dutreil
Pour la transmission d'une entreprise, le pacte Dutreil exonère 75 % de la valeur taxable, sous engagements de conservation des titres et de direction. La loi de finances 2026 porte l'engagement individuel à 6 ans et écarte du dispositif les biens « somptuaires » (véhicules de tourisme, bateaux, œuvres d'art…). Une donation en pleine propriété avant 70 ans peut, en prime, alléger les droits de moitié.
Le démembrement de propriété
Donner la nue-propriété en conservant l'usufruit réduit l'assiette taxable : seule la nue-propriété, valorisée selon l'âge de l'usufruitier, supporte les droits. À l'extinction de l'usufruit, la pleine propriété se reconstitue sur la tête du nu-propriétaire, sans droits supplémentaires.
| Âge de l'usufruitier | Usufruit | Nue-propriété |
|---|---|---|
| Jusqu'à 50 ans | 60 % et plus | 40 % et moins |
| 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
| 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
| 81 à 90 ans | 20 % | 80 % |
| 91 ans et plus | 10 % | 90 % |
Repères
Les sigles utiles
| Sigle | Signification |
|---|---|
| PFU | Prélèvement forfaitaire unique (« flat tax ») |
| PS | Prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) |
| RFR | Revenu fiscal de référence |
| CEHR / CDHR | Contributions exceptionnelle et différentielle sur les hauts revenus |
| PASS | Plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026) |
| PER | Plan d'épargne retraite |
| PEA | Plan d'épargne en actions |
| PEAC | Plan d'épargne avenir climat |
| IFI | Impôt sur la fortune immobilière |
| LMNP / LMP | Loueur en meublé non professionnel / professionnel |
| PVI / PVM | Plus-value immobilière / mobilière |
| DPE | Diagnostic de performance énergétique |
| CGI | Code général des impôts |