Infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes en libéral cotisent à la CARPIMKO. La caisse gère leur retraite et leur prévoyance, mais avec des délais d'indemnisation qui laissent des trous importants pour des métiers physiques et aux charges fixes réelles. Voici ce qu'il faut savoir.

Une rente d'invalidité qui ne démarre qu'en quatrième année suppose d'avoir tenu trois ans. C'est précisément ce trou qu'il faut combler.

Qui cotise à la CARPIMKO ?

L'affiliation est obligatoire dès la déclaration d'activité auprès de l'URSSAF, pour tout auxiliaire médical exerçant en libéral, en installation, en remplacement ou en activité mixte. C'est l'une des sections les plus dynamiques, avec un flux d'entrées important chaque année.

La caisse gère quatre régimes : la retraite de base, la retraite complémentaire, l'allocation supplémentaire de vieillesse et l'invalidité-décès.

Comment se construit la retraite

Au-delà de la retraite de base commune, décrite dans notre guide du régime de base, le régime complémentaire a été réformé au 1er janvier 2026 pour devenir intégralement proportionnel au revenu, les points étant désormais attribués selon la cotisation versée.

La CARPIMKO présente l'un des âges moyens de départ les plus bas des professions libérales, mais des niveaux de pension qui restent modestes, base et complémentaire confondues.

Arrêt, invalidité, décès : des délais à connaître

En cas d'arrêt, l'Assurance Maladie verse des indemnités du 4e au 90e jour ; la CARPIMKO prend le relais à partir du 91e jour, à hauteur d'environ 55 € par jour en 2025-2026, majorés par enfant à charge, pendant trois ans au maximum.

Pour l'invalidité, la rente n'est versée qu'à compter de la quatrième année suivant l'incapacité, et seulement au-delà d'un taux de 66 % : de l'ordre de 10 000 € par an à ce seuil, le double pour une invalidité totale. En dessous de 66 %, aucune indemnisation. Le régime prévoit aussi un capital décès et une rente de survie, ouverte au partenaire de PACS depuis 2024.

Les angles morts à connaître

La franchise de 90 jours est critique pour des professionnels qui supportent un cabinet, du matériel et parfois un véhicule. Mais le délai le plus déroutant concerne l'invalidité : une rente qui ne démarre qu'en quatrième année suppose d'avoir traversé trois ans d'incapacité avec une couverture limitée.

Le seuil de 66 % exclut par ailleurs toutes les invalidités partielles, fréquentes dans des métiers physiques. Et le capital décès reste limité au regard des charges d'un foyer.

Ce que le cabinet construit en complément

Imaginons une infirmière ou un kinésithérapeute libéral, cabinet et matériel à financer. Un arrêt de quelques mois, puis une reprise partielle, et le régime obligatoire ne répond presque pas : franchise de 90 jours, pas de rente sous 66 %, invalidité versée tardivement.

Le cabinet construit une prévoyance qui démarre les indemnités dès les premiers jours, indemnise l'invalidité partielle sans attendre la quatrième année, et dimensionne le capital décès sur les charges réelles. Une épargne retraite vient compléter une pension modeste. Le calibrage se fait lors d'un audit social et patrimonial, sur votre situation concrète.

Ce qu'il faut retenir

La CARPIMKO protège les auxiliaires médicaux, mais avec une franchise de 90 jours, une rente d'invalidité tardive et un seuil de 66 % qui exclut les arrêts partiels. Pour des métiers physiques, ces délais sont structurants.

Combler ces trous au bon niveau est le travail du cabinet. Le lien vers la CARPIMKO figure sur la page principales caisses.