La CIPAV est la caisse des professions libérales qui ne relèvent pas d'une autre section : architectes, géomètres, ingénieurs-conseils, ostéopathes, psychologues, psychomotriciens, diététiciens, moniteurs de ski, guides, et quelques autres. Depuis 2018, son périmètre s'est resserré, et son régime de prévoyance reste l'un des plus légers. Voici ce qu'il faut comprendre.

Quand la couverture obligatoire est minimale, la complémentaire privée n'est plus une option de confort : c'est le filet principal.

Qui cotise à la CIPAV ?

Depuis la réforme de 2018, la CIPAV ne regroupe plus qu'une vingtaine de professions : architectes et architectes d'intérieur, géomètres-experts, économistes de la construction, ingénieurs-conseils, ostéopathes, psychologues et psychothérapeutes, ergothérapeutes, diététiciens, chiropracteurs, psychomotriciens, experts, guides-conférenciers, moniteurs de ski, guides de haute montagne, entre autres. La majorité des autres indépendants a basculé vers le régime des indépendants.

Depuis 2023, c'est l'URSSAF qui recouvre les cotisations, tandis que la CIPAV continue de gérer les droits. La caisse couvre la retraite de base, la retraite complémentaire et l'invalidité-décès.

Comment se construit la retraite

La retraite de base suit le mécanisme commun décrit dans notre guide du régime de base. La retraite complémentaire fonctionne par points, historiquement répartis en classes.

Point de vigilance : le rendement du régime complémentaire est modéré, et le recul de l'âge du taux plein peut priver certains affiliés de majorations liées à la durée d'affiliation. La pension obligatoire reste modeste au regard des revenus d'un architecte ou d'un ostéopathe établi.

Arrêt, invalidité, décès : un régime minimal

Depuis 2023, la prévoyance de la CIPAV est financée par une cotisation proportionnelle unique. La rente d'invalidité combine une part forfaitaire, de l'ordre de 2 400 € par an, et une part proportionnelle aux points acquis.

En cas de décès, le régime prévoit un capital, une rente de conjoint et une rente par enfant, calculés en proportion des points. Les montants restent globalement faibles, et la réforme de 2023 a supprimé l'option de réversion à 100 % ainsi que la possibilité de surcotiser pour la retraite complémentaire.

Les angles morts à connaître

Le régime de prévoyance de la CIPAV est l'un des plus minimaux des professions libérales : rente d'invalidité de départ faible, capital décès limité, prestations indexées sur des points peu nombreux en début de carrière.

S'ajoute une difficulté pratique : la dualité d'interlocuteurs, l'URSSAF pour le paiement et la CIPAV pour les droits, qui complique le suivi. Pour un professionnel aux revenus établis, l'écart entre la couverture obligatoire et le niveau de vie est particulièrement marqué.

Ce que le cabinet construit en complément

Prenons un architecte ou un ostéopathe autour de 60 000 € de revenu annuel. En cas d'arrêt long ou d'invalidité, la rente obligatoire ne couvrira qu'une fraction de ce revenu. C'est exactement là que la complémentaire privée devient le filet principal, et non un simple complément.

Le cabinet construit une prévoyance qui couvre l'incapacité, l'invalidité et le décès au niveau réel des besoins, et une épargne retraite qui compense un régime complémentaire dont le rendement décroît. Le point de départ reste l'audit social et patrimonial, qui chiffre l'écart précis laissé par la CIPAV.

Ce qu'il faut retenir

La CIPAV couvre de nombreuses professions, mais avec un régime de prévoyance minimal et un complémentaire au rendement modeste. Plus la couverture obligatoire est légère, plus la construction privée est décisive.

Mesurer cet écart et le combler est le travail du cabinet. Le lien vers la CIPAV figure sur la page principales caisses.