Les experts-comptables et les commissaires aux comptes libéraux cotisent à la CAVEC. Le régime gère leur retraite complémentaire par points et leur prévoyance, organisée en classes. Si les montants peuvent paraître confortables sur le papier, une lacune importante mérite attention : l'absence de rente de conjoint. Décryptage.

En cas de décès, le régime verse un capital aux enfants, mais rien au conjoint. Beaucoup le découvrent au pire moment.

Qui cotise à la CAVEC ?

L'affiliation est obligatoire pour les experts-comptables et commissaires aux comptes exerçant en libéral. Les salariés de la profession y cotisent aussi, mais pour la seule retraite complémentaire, leur retraite de base relevant du régime général. L'immatriculation intervient souvent tard dans la carrière, après plusieurs années de salariat.

La caisse gère la retraite de base, la retraite complémentaire par points et le régime invalidité-décès, organisé en classes 1 à 4.

Comment se construit la retraite

La retraite complémentaire repose sur une cotisation forfaitaire par classe de revenus, avec la possibilité d'opter pour la classe supérieure. Les deux premières années, la cotisation se fait en classe d'entrée. Au-delà, le niveau de pension dépend des classes choisies tout au long de la carrière.

Comme pour les autres professions libérales, la retraite de base, décrite dans notre guide du régime de base, ne constitue qu'un socle plafonné.

Arrêt, invalidité, décès : les prestations par classes

En cas d'arrêt, la CAVEC verse une indemnité journalière forfaitaire, de l'ordre de 130 € par jour en 2026, identique quelle que soit la classe, à partir du 91e jour et pendant 36 mois. Les 90 premiers jours sont couverts par le régime commun.

L'invalidité donne lieu à une pension annuelle qui dépend de la classe, de l'ordre de 12 000 à 50 000 € par an, proportionnelle au taux pour l'invalidité partielle. Le capital décès, lui aussi indexé sur la classe, peut être conséquent ; en revanche, le régime de prévoyance ne prévoit aucune rente de conjoint survivant, seulement une rente par enfant.

Les angles morts à connaître

La franchise de 90 jours est, là encore, un point de tension. Mais la lacune la plus marquante est l'absence totale de rente de conjoint dans le régime de prévoyance : en cas de décès, le conjoint ne perçoit qu'un capital et, plus tard, une éventuelle réversion de retraite, sans revenu de remplacement.

Par ailleurs, pour un expert-comptable dont le revenu peut atteindre 9 000 € par mois, même la classe la plus élevée laisse une pension d'invalidité inférieure à la moitié du revenu en cas d'arrêt prolongé.

Ce que le cabinet construit en complément

Pour un associé d'un cabinet d'expertise comptable autour de 108 000 € de revenu annuel, deux priorités émergent : couvrir la franchise et l'écart d'invalidité, et surtout reconstituer une rente de conjoint que le régime obligatoire ne prévoit pas.

Le cabinet calibre une prévoyance qui démarre dès les premiers jours d'arrêt, complète l'invalidité, et ajoute la rente de conjoint manquante avec un capital décès au niveau des engagements. Côté retraite, une stratégie d'épargne compense le plafonnement des régimes obligatoires. Tout part d'un audit social et patrimonial qui chiffre ces écarts précisément.

Ce qu'il faut retenir

La CAVEC offre des prestations par classes qui peuvent sembler solides, mais avec une franchise de 90 jours et, surtout, aucune rente de conjoint en cas de décès. Pour un foyer, c'est une faille majeure.

Identifier ces angles morts et les combler au bon niveau est le cœur du travail du cabinet. Le lien vers la CAVEC figure sur la page principales caisses.