Née en 2009 de la fusion de deux caisses, la CARCDSF gère la retraite et la prévoyance des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes. Pour deux métiers exposés aux troubles musculo-squelettiques et à l'endettement d'un cabinet, certaines prestations du régime obligatoire sont nettement en deçà des besoins. Voici ce qu'il faut savoir.
Un dentiste finance son cabinet sur plusieurs années. Le capital décès de son régime obligatoire ne couvre qu'une fraction de cet engagement.
Qui cotise à la CARCDSF ?
L'affiliation est automatique et obligatoire dès le début d'une activité libérale de chirurgien-dentiste ou de sage-femme, au premier jour du trimestre civil suivant. L'inscription doit être faite dans le mois qui suit le début ou la reprise d'activité.
La caisse gère la retraite de base, la retraite complémentaire, le régime des prestations complémentaires de vieillesse pour les conventionnés, et le régime invalidité-décès.
Comment se construit la retraite
Au-delà de la retraite de base commune, décrite dans notre guide du régime de base, le régime complémentaire combine une cotisation forfaitaire et une cotisation proportionnelle au revenu. Il représente environ la moitié de la pension d'un chirurgien-dentiste, et le quart de celle d'une sage-femme.
Les prestations complémentaires de vieillesse, dont une partie de la cotisation est prise en charge par l'Assurance Maladie pour les conventionnés, complètent l'ensemble.
Arrêt, invalidité, décès : ce que verse la CARCDSF
Les indemnités journalières ne sont versées qu'à partir du 91e jour d'arrêt, soit une franchise de 90 jours, pendant trois ans au maximum. Les trois premiers mois relèvent de l'Assurance Maladie.
Le régime ne verse une rente qu'en cas d'invalidité totale ; l'invalidité partielle n'ouvre aucun droit. Le capital décès des chirurgiens-dentistes s'établissait à 19 220 € en 2025, l'un des plus faibles des régimes libéraux, versé au conjoint hors succession et non imposable.
Les angles morts à connaître
La franchise de 90 jours laisse le praticien sans revenu de sa caisse pendant un trimestre entier. L'invalidité partielle, non couverte, est pourtant un risque réel : canal carpien, tendinites, cervicalgies font partie du quotidien d'un dentiste et peuvent réduire durablement la capacité de travail sans l'interrompre totalement.
Enfin, un capital décès de 19 220 € est sans commune mesure avec l'endettement d'un cabinet et les besoins d'une famille. C'est souvent la prestation la plus sous-dimensionnée du régime.
Ce que le cabinet construit en complément
Imaginons une chirurgienne-dentiste ayant financé son cabinet et son plateau technique sur plusieurs années. Un arrêt long, une invalidité partielle ou un décès la laisseraient, elle ou ses proches, face à des charges que le régime obligatoire ne couvre qu'à la marge.
Le cabinet construit la réponse : une prévoyance qui démarre les indemnités dès les premiers jours, indemnise l'invalidité partielle, et porte le capital décès au niveau des engagements réels, avec une rente conjoint et éducation. Côté retraite, une épargne dédiée complète une pension qui ne suffit pas. Le dimensionnement suit votre situation, pas un standard.
Ce qu'il faut retenir
La CARCDSF protège dentistes et sages-femmes, mais avec une franchise de 90 jours, une invalidité partielle absente et un capital décès parmi les plus bas. Pour des métiers manuels et souvent endettés, ces angles morts sont structurants.
Mesurer l'écart entre votre régime et vos besoins réels est le point de départ du travail mené par le cabinet. Le lien vers votre caisse figure sur la page principales caisses.