Artisans, commerçants et professions libérales non réglementées installés depuis 2019 relèvent du régime des indépendants, intégré au régime général depuis la disparition du RSI. La retraite est gérée par l'Assurance retraite, la maladie par les CPAM, et le recouvrement par l'URSSAF. Un système unifié, mais dont les niveaux de protection restent en deçà de ceux des salariés. Décryptage.
Le revenu d'un indépendant finance souvent tout un foyer. Sa couverture obligatoire, elle, reste calibrée a minima.
Qui relève du régime des indépendants ?
Depuis la suppression du RSI au 1er janvier 2018, la Sécurité sociale des indépendants est intégrée au régime général. Sont concernés les artisans, commerçants, industriels et professions libérales non réglementées installées depuis 2019, hors professions relevant d'une caisse dédiée. Les micro-entrepreneurs cotisent, eux, sur un pourcentage forfaitaire de leur chiffre d'affaires.
La retraite de base et le régime complémentaire des indépendants sont gérés par l'Assurance retraite, la maladie par les CPAM, et le recouvrement assuré par l'URSSAF.
Comment se construit la retraite d'un indépendant
La retraite de base est alignée sur celle des salariés, calculée sur les 25 meilleures années. S'y ajoute le régime complémentaire des indépendants, par points, né de la fusion des anciens régimes des artisans et des commerçants.
Deux limites structurelles : le régime complémentaire est moins favorable que celui des salariés, et il n'existe ni surcote ni majoration pour enfants à ce niveau. Pour les micro-entrepreneurs, selon les paramètres en vigueur, certains revenus peuvent n'ouvrir que peu ou pas de droits au complémentaire.
Arrêt, invalidité, décès : un socle modeste
En cas d'arrêt, les indemnités journalières sont versées par l'Assurance Maladie. Pour un artisan ou un commerçant, elles sont calculées sur une fraction du revenu annuel moyen des trois dernières années et plafonnées : le maximum tourne autour de 66 € par jour en 2026. Pour un indépendant à revenu confortable, le manque à gagner est immédiat.
Les prestations d'invalidité et de décès du régime restent structurellement modestes. Là encore, le socle obligatoire a été conçu comme un minimum, pas comme un revenu de remplacement à la hauteur du train de vie.
Les angles morts à connaître
Les indemnités journalières sont plafonnées à un niveau sans rapport avec le revenu d'un indépendant établi : autour de 66 € par jour au maximum, là où les charges et le train de vie continuent. Le régime complémentaire affiche par ailleurs un niveau de pension plus faible que celui des salariés. Les prestations invalidité-décès sont limitées.
Pour les micro-entrepreneurs, le risque est plus aigu encore : selon le régime fiscal et le niveau de chiffre d'affaires, les droits à la retraite complémentaire peuvent être très réduits. Beaucoup le découvrent au moment de liquider leur retraite.
Ce que le cabinet construit en complément
Pour un commerçant ou un artisan dont le revenu fait vivre tout un foyer, et plus encore pour un dirigeant ayant donné une caution personnelle ou contracté des emprunts, le socle obligatoire ne suffit pas à sécuriser la situation en cas de coup dur.
Le cabinet construit une prévoyance qui rétablit un revenu de remplacement dès l'arrêt, couvre l'invalidité et le décès au niveau réel des besoins, et une épargne retraite qui compense la faiblesse du complémentaire. Pour un dirigeant, s'ajoute la question de l'homme clé et de la couverture des engagements professionnels. Tout part d'un audit social et patrimonial.
Ce qu'il faut retenir
Le régime des indépendants offre un socle réel, mais plus faible que celui des salariés : indemnités journalières plafonnées à un niveau modeste, complémentaire moins favorable, invalidité-décès limités, et droits parfois réduits pour les micro-entrepreneurs.
Compenser cet écart au bon niveau est le travail du cabinet. Le lien vers le régime des indépendants figure sur la page principales caisses.