La situation
Profil. Avocate associée d'un cabinet d'affaires parisien, 52 ans, en exercice depuis vingt-six ans. Statut de travailleur non salarié.
Situation familiale. Divorcée, remariée sous le régime de la séparation de biens. Une fille de 24 ans, autonome. Conjoint de 55 ans, consultant indépendant, disposant de ses propres contrats.
Situation financière. Rétrocessions et quote-part de résultat de l'ordre de 240 000 € par an, avec une variation d'environ 20 % d'une année sur l'autre selon les dossiers clos. Tranche marginale à 45 %.
Patrimoine. Deux biens locatifs parisiens, environ 950 000 € au total, dont un encore financé. Une assurance vie de 400 000 €. Un PER souscrit trois ans plus tôt en ligne, alimenté de 2 000 € par mois, choisi sur un critère unique : 0 % de frais sur versement.
Le déclencheur. Un objectif de départ à 64 ans, désormais à douze ans. Et une question qu'elle n'avait jamais posée : « Concrètement, combien vais-je toucher, net, chaque mois ? »
Le diagnostic
Le contrat en ligne était, sur la phase d'épargne, réellement compétitif. Le problème était ailleurs.
Les frais de la phase de restitution n'avaient jamais été examinés. Son contrat prévoyait l'absence de frais sur quittance de rente — mise en avant sur la page produit — mais des frais de gestion de la rente pouvant aller jusqu'à 2 % par an, mentionnés dans la notice.
Le calcul a été refait sur la durée réelle. Avec 2 000 € mensuels pendant douze ans, un apport initial et une hypothèse de performance moyenne prudente, le capital projeté à 64 ans s'établissait autour de 420 000 €. Converti en rente à un taux de l'ordre de 4 %, cela représentait environ 16 800 € de rente brute annuelle, soit 1 400 € par mois.
C'est à ce stade que l'écart apparaît.
| Modèle au pourcentage | Modèle forfaitaire | |
|---|---|---|
| Frais prélevés sur la rente | 3 % de chaque arrérage, ou jusqu'à 2 %/an de gestion de rente | 2 € par versement mensuel, soit 24 €/an |
| Coût annuel sur une rente de 16 800 € | ≈ 504 €/an (hypothèse 3 %) | 24 €/an |
| Écart annuel | 480 € | |
| Sur 25 ans, à rente constante | ≈ 12 600 € | 600 € |
| Écart cumulé | ≈ 12 000 € |
Et ce calcul est prudent : il suppose une rente qui ne bouge pas. Avec une revalorisation annuelle, le prélèvement proportionnel grossit chaque année quand le forfait, lui, reste plat.
La conclusion tenait en une phrase : les trois années de frais d'entrée économisés — de l'ordre de 2 200 € au barème de marché — étaient reprises, et très largement dépassées, dès les cinq premières années de rente.
Deux constats secondaires, mais lourds. Son contrat ne garantissait pas la table de mortalité par génération de versement : le calcul de sa rente dépendrait de la table en vigueur en 2038. Et sa clause bénéficiaire n'avait jamais été mise à jour depuis son divorce.
Les arbitrages retenus
1. Ne pas tout transférer. Le contrat en ligne a été conservé pour une part de l'encours, avec une intention de sortie en capital fractionné. Ses frais de restitution ne pénalisent pas une sortie en capital : c'est la rente qu'ils taxent. L'outil est conservé pour l'usage auquel il convient.
2. Loger la part destinée à la rente sur un contrat à frais d'arrérages forfaitaires. Les versements futurs — 2 500 € mensuels, avec un complément libre en fin d'exercice selon le résultat — sont dirigés vers un contrat prévoyant 2 € par versement mensuel de rente, soit 24 € par an, quelle que soit la taille de la rente.
3. Sanctuariser la table de mortalité. Chaque versement des douze prochaines années conserve définitivement la table en vigueur au jour du versement. Sur un capital principalement destiné à être rentifié, c'est le point technique le plus rentable du dossier.
4. Préparer la sortie, dès maintenant. Deux options ont été retenues à étudier au moment de la liquidation : une rente à annuités garanties — pour que le capital ne soit pas perdu en cas de décès précoce — et une fraction adossée à un support indexé sur l'inflation, compte tenu d'un horizon de rente potentiellement supérieur à trente ans.
5. Refaire la clause bénéficiaire. Rédaction sur mesure tenant compte du remariage en séparation de biens et de la fille née du premier mariage.
6. La stratégie fiscale de sortie. À 45 % de tranche marginale, un rachat total en capital aurait été une erreur. L'arbitrage retenu : rente pour le socle de revenu, rachats partiels programmés étalés sur plusieurs exercices pour le complément.
Pourquoi le cabinet
- Le calcul a été fait en euros, sur vingt-cinq ans, pas en pourcentage sur une page de comparateur.
- Aucun contrat n'a été résilié par principe. Chaque enveloppe a été affectée à l'usage où elle est la meilleure — c'est un travail d'allocation, pas de remplacement.
- La proximité. Le dossier a été traité en deux rendez-vous à Paris, avec un interlocuteur unique, sur des sujets — divorce, remariage, clause bénéficiaire — qui ne se traitent pas par formulaire.
Cas pratique représentatif des dossiers traités par le cabinet ; profil, situation et montants reconstitués, aucune donnée client n'étant utilisée. Ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les niveaux de frais cités sont des ordres de grandeur observés sur le marché à la date de rédaction ; seules les notices et conditions générales font foi. Les projections de capital et de rente sont des simulations non contractuelles. Investir en unités de compte comporte un risque de perte en capital.