7 212 €, c'est le salaire brut minimum que vous devez vous verser en tant que dirigeant d'entreprise pour valider vos 4 trimestres en 2026. Mais ce montant se lit différemment selon votre statut social.

Il faut trouver un équilibre entre le volet légal et l'optimisation de votre stratégie de rémunération.

Vous êtes assimilé(e) salarié(e)

En tant qu'assimilé(e) salarié(e), président(e) de SASU, SAS, gérant(e) minoritaire ou égalitaire de SARL, vous n'avez pas besoin de vous verser 12 bulletins de paie dans l'année.

Avec seulement 2 bulletins de paie de 3 606 €, vous validez vos 4 trimestres de retraite. Il s'agit d'un salaire brut et non pas d'un salaire net.

Vous êtes Travailleur(se) Non Salarié(e)

Comme il n'y a pas de distinction entre le brut et le net pour les travailleurs non salariés, les 7 212 € correspondent à une rémunération de gérance nette.

Pour une retraite complète

L'intérêt de valider ses 4 trimestres chaque année est d'avoir une carrière professionnelle complète. L'âge légal pour partir à la retraite est aujourd'hui de 64 ans. Vous toucherez vos pensions complètes sans malus si vous avez bien validé en amont vos 43 années de carrière.

S'il vous manque des trimestres, vous subirez un malus de 1,25 % par trimestre manquant, plafonné à 20 trimestres manquants.

Rachat de trimestre : est-ce une bonne idée ?

Bien que vous ayez la possibilité de racheter des trimestres durant votre carrière, nous vous recommandons, si possible, d'éviter de le faire. C'est une opération généralement onéreuse et peu intéressante.

Le prix d'un trimestre est déterminé selon vos revenus d'activités des 3 dernières années mais également selon le type de rachat : taux, durée d'assurance, ou les deux. Dans la plupart des cas, il faut racheter les deux.

Compte tenu des réformes régulières sur le sujet, un rachat trop tôt pourrait n'avoir aucun intérêt si une nouvelle réforme venait à changer la donne. C'est la raison pour laquelle on recommande de s'interroger sur la pertinence du rachat uniquement lorsque vous êtes proche du départ, 5 à 10 ans maximum avant.

Quel salaire maximum se verser pour la retraite de base ?

Nous recommandons, dans la mesure du possible, de chercher une rémunération équivalente au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, soit 48 060 € par an.

C'est jusqu'à ce seuil que vous cotisez au maximum pour la retraite de base, quel que soit votre statut. Les cotisations sociales dont vous vous acquittez vous octroient le meilleur retour sur investissement.

Comme pour le seuil minimum, 48 060 € correspond à un montant brut annuel pour les assimilés salariés et net annuel pour les travailleurs non salariés.

Anticiper la revalorisation du SMIC

Le SMIC est revalorisé régulièrement. Nous recommandons donc, par précaution, de vous verser une rémunération légèrement supérieure à 7 212 € par an.

Vous pourriez partir sur 7 500 € voire 8 000 € afin de vous assurer d'avoir bien vos 4 trimestres de retraite, même si le SMIC est revalorisé et que vous avez raté cette information.

Éviter la taxe PUMa

Si vous percevez en parallèle des dividendes ou d'autres revenus du patrimoine comme des revenus locatifs, vous pourriez être redevable de la taxe PUMa.

L'idée est d'augmenter votre rémunération à 9 612 € pour valider vos 4 trimestres de retraite tout en y échappant.

Et si c'était… aucune rémunération ?

Si vous ne croyez plus du tout au système de retraite français, ou si vous avez une carrière hachée pour laquelle il manque de nombreux trimestres, il n'est peut-être pas nécessaire de vous rémunérer le minimum pour valider vos 4 trimestres.

Dans ce cas, nous recommandons de construire un schéma de rémunération dégageant le plus de liquidités possibles. Vous vous constituerez alors votre propre retraite par capitalisation.

Mais attention : vous devez normalement percevoir une rémunération pour votre fonction de gérant(e) en EURL/SARL ou pour votre mandat social de président(e) en SASU/SAS. Aussi minime soit-elle, on recommande fortement d'en déclarer une pour éviter le risque de requalification de vos dividendes en rémunération avec rappel de cotisations sociales.