Cette phrase, vous l'avez peut-être déjà entendue. Elle semble rassurante car elle renvoie à l'image classique du salarié bien couvert. Pourtant, en matière de protection sociale, la réalité est plus nuancée. Cet article compare objectivement les deux statuts pour vous permettre de mieux comprendre les véritables différences.

Aucun statut ne couvre 100 % vos besoins. Le plus important n'est pas de se reposer sur son régime obligatoire, mais de compléter via des contrats de prévoyance et des solutions retraite complémentaires.

Couverture sociale : de quoi parle-t-on exactement ?

La couverture sociale d'un dirigeant comprend plusieurs éléments clés : les indemnités journalières en cas d'arrêt de travail, la pension d'invalidité, le capital décès, les droits à la retraite de base et complémentaire.

Ces éléments peuvent varier significativement selon que vous soyez assimilé salarié ou travailleur non salarié.

Qui est assimilé salarié ? Qui est travailleur non salarié ?

Assimilé salarié : président(e) de SAS ou SASU, gérant(e)s minoritaires ou égalitaires de SARL. Ils sont affiliés au régime général de la Sécurité sociale.

Travailleur non salarié (TNS) : entrepreneur individuel, gérant(e) d'EURL, gérant(e) majoritaire de SARL. Ils sont affiliés à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI).

Précisons que cet article ne concerne que les TNS affiliés à la SSI (artisans, commerçants, industriels, professions libérales non réglementées). Les professions libérales réglementées (médecins, avocats, notaires, etc.) dépendent de caisses spécifiques à analyser au cas par cas.

Indemnités journalières : arrêt maladie

Assimilés salariés : depuis avril 2025, l'indemnité maximale est plafonnée à 1,4 SMIC brut, soit environ 1 244 € par mois pour une rémunération de 3 000 € brut. Cette indemnité se calcule selon les revenus des 3 derniers mois en se référant aux bulletins de paie.

TNS : les indemnités sont calculées sur la moyenne des 3 dernières années, plafonnées à 1 935,60 € par mois.

Avantage au TNS si la rémunération est constante. En revanche, en début d'activité, l'avantage va aux assimilés salariés.

Indemnités journalières : accident de travail

Assimilés salariés : plafond plus élevé jusqu'à 3 096,60 €/mois. Une couverture spécifique et plus protectrice.

TNS : pas de distinction avec l'arrêt maladie (plafond identique, environ 1 935 €/mois).

Par conséquent, avantage aux assimilés salariés pour les accidents de travail.

Pensions d'invalidité

Les règles sont identiques pour les deux régimes. Le plafond est de 1 962,50 € par mois, selon le degré d'invalidité défini par un médecin conseil.

Capitaux décès

Capitaux décès pour un TNS : 9 420 € si le décès intervient avant la retraite, 3 768 € après la retraite. Majoration du capital à hauteur de 5 % du PASS, soit 2 355 €, si enfant(s) de moins de 16 ans (ou 20 ans si études).

Capitaux décès pour un assimilé salarié : 3 977 € si le décès intervient avant la retraite, pas de majoration si enfant à charge ou en études. En revanche, pas d'indemnités en cas de décès après la retraite.

Dans ce cas, avantage souvent méconnu pour les TNS.

Retraite : le sujet sensible

Assimilé salarié : cotisations sociales élevées, droits à la retraite plus élevés en valeur absolue, mais coût bien plus important pour l'entreprise.

TNS : cotisations sociales plus faibles, moins de droits générés, mais meilleur retour sur investissement.

Lorsque l'on est assimilé salarié, les cotisations sociales sont plus importantes. En proportion, pour un revenu identique, on a généré plus de droits à la retraite qu'un TNS. En revanche, le coût pour l'entreprise a été bien plus important.

Le rendement des cotisations retraite

Si on s'intéresse de plus près à la rentabilité des cotisations sociales retraite (base et complémentaire), on se rend compte que les cotisations des TNS sont plus productives de droits que celles des assimilés salariés.

Sur la base d'une rémunération au PASS, le rendement des cotisations retraite de base et complémentaires d'un commerçant s'élève à 6,40 % contre 5,67 % pour un assimilé salarié. Et plus la rémunération augmente, plus l'écart de rendement se creuse.

Par conséquent, bien qu'un président de SASU touche plus à la retraite qu'un gérant d'EURL, il aura déboursé beaucoup plus, et le retour sur investissement sera moins intéressant.

Alors, quel statut offre la meilleure couverture sociale ?

Les assiettes de calcul sont différentes : les assimilés salariés sont couverts sur la base de leurs rémunérations brutes, les TNS sur la base de leurs rémunérations nettes.

À revenus identiques, les assimilés salariés auront donc de meilleures retraites. Les capitaux décès seront toujours en faveur des TNS. Les pensions d'invalidité sont identiques. Les indemnités journalières en cas d'arrêt dépendront de l'historique des revenus déclarés.

En réalité, aucun statut ne couvre 100 % vos besoins.

Compléter via prévoyance et retraite complémentaires

Pour une bonne couverture sociale, que ce soit en tant qu'assimilé salarié ou TNS, le plus important n'est pas de se reposer sur son régime obligatoire. Il est essentiel de compléter via des contrats de prévoyance et des solutions retraite complémentaires.

Contrats de prévoyance pour couvrir vos revenus en cas d'arrêt de travail ou d'invalidité. Contrats retraite type PER ou autres supports patrimoniaux pour améliorer vos futures pensions de retraite.

Ce qu'il faut retenir

Non, le statut d'assimilé salarié ne garantit pas automatiquement une meilleure couverture sociale que celui de TNS. Il existe des avantages et des limites de chaque côté. On se rend malgré tout compte que le statut de TNS présente plus d'avantages que celui d'assimilé salarié.

Le choix de votre statut social ne doit pas être fait en fonction de ces seuls paramètres. Il faut l'analyser dans le cadre d'une stratégie globale : optimiser votre statut en fonction de vos objectifs (sécurité, retraite, impôts, patrimoine).